L’accident – Partie 7 et fin

Ernest Holdinger a toujours aimé sa fonction d’aide de camp du capitaine John Richard. Il fait partie de ce régiment, le 8ème de Cadia depuis maintenant trois ans, et chacun des conflits lui a permis de servir son officier du mieux possible. Il tire une grande fierté à pouvoir rendre le capitaine aussi resplendissant, que ce soit au combat comme en ambassade. Et maintenant, il s’agit de sa première mission en solitaire, avec un bataillon restreint, et deux autres bataillons de régiments plus ou moins prestigieux. Richard ne montre pas son stress, mais Ernest le connaît. Il sait qu’il veut réussir ce premier commandement. Il ne reste plus longtemps avant que le Sword of Destiny sort de l’’immaterium, et un aide de camp a des devoirs. Aujourd’hui, il doit faire vérifier l’épée énergétique de famille du Capitaine auprès de l’adepte Galad du mechanicus. C’est le chef des technomanciens du régiment, il a demandé à faire spécialement partie de cette mission. Ils sont donc à l’arrière du vaisseau, proche des quartiers du prêtre de l’Omnimessie quand les alarmes sonnent. Ce dernier et Ernest se regardent juste une seconde avant de prendre une décision. Ils partent au pas de course dans les coursives, au milieu des hommes de la Marine Impériale qui foncent à leurs postes de combat. Le vaisseau, un kilomètre et demi de long, prend d’innombrables minutes à remonter. Ils réussissent à esquiver les différents combats qui se multiplient dans la frégate et arrivent à la porte du hangar derrière laquelle un combat intense a lieu. Sans s’arrêter, dans un mouvement fluide, ils ouvrent la porte et entrent dans le chaos, juste au moment où le tir du sniper touche le bouton d’ouverture des hangars. L’adepte réussit à se retenir grâce à ses mécadendrites enfoncées directement dans le sol, et empêche Ernest de partir dans l’espace, mais la situation est désespérée. Les navettes, déjà fermées, volent vers l’Ignus Fatuus. Galad analyse la situation grâce à son cogitateur interne. Leurs chances de survie sont nulles, mais il reste une toute petite chance de sauver l’épée. Elle ne doit pas tomber aux mains du Warp, elle ne doit pas sombrer dans la corruption. Galad s’excuse envers Ernest, alors qu’il prend sa dernière respiration. L’adepte lui enfonce l’épée au centre de la cage thoracique. De petites perles de sang se forment dans le vide. L’adepte pousse le corps maintenant sans vie d’Ernest dans le néant, calculant la parfaite trajectoire balistique. Il avait besoin de poids supplémentaire, mais grâce à ce corps et au sacrifice de l’adepte qui finit sa poussée droit dans les profondeurs de l’immaterium, l’épée cogne la porte de hangar de l’Ignis Fatuus et est récupérée par les survivants. Une petite victoire pour l’Imperium, mais parfois, il faut se contenter de petites victoires afin d’en construire de plus grandes.

 

Les survivants sont regroupés dans le hangar de l’Ignus Fatuus. Le capitaine Reynolds a personnellement accueilli les soldats qui sont descendus hagards des navettes. Il fait le compte des hommes, une quarantaine a l’air d’avoir réussi à s’en sortir difficilement, peut-être qu’il y en aura quelques-uns de plus dans les capsules qui quittent en très petit nombre la frégate condamnée. Il voit la peur et l’abattement dans les yeux de ces hommes, mais il voit aussi qu’ils n’ont pas totalement abandonné. Une voix s’entend soudain et calme tout le vacarme ambiant. C’est une voix de femme, belle et autoritaire à la fois. Dans le silence nouvellement fait, les soldats écoutent la commissaire :

« Soldats, ne vous leurrez pas, nous venons de subir une défaite. Par un coup du sort, un accident, nous avons perdu la protection que l’Empereur a créée pour nous dans cet océan tumultueux. Mais nous nous sommes battu, nous avons donné notre sang pour faire couler le leur et ces démons se souviendront qu’ils n’ont pas eu une victoire complète et sans faille ! Nous sommes là, preuve vivante que l’Astra Militarum est tenace, résistant et invaincu. Tuez un Garde, dix autres prendront sa place ! Notre devoir est de tenir, et vous avez tenu ! Au plus fort de la tempête, vous n’avez pas fui comme des lâches. Vous ne vous êtes pas terrés comme des couards. L’Empereur a soutenu votre juste fureur et la ligne a tenu. Pansez vos blessures, priez pour les âmes de nos compagnons disparus, mais n’oubliez pas, seule la mort met fin au devoir. Nous ne sommes pas morts et nous avons encore une mission à accomplir. »

Aldwine Solai se place à côté de la commissaire, ouvre son livre de prière et commence à chanter. L’hymne est repris par tous et bientôt, les larmes aux yeux, les soldats survivants prient l’Empereur de toutes leurs âmes.

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