L’accident – Partie 6

C’est Myler Vandrak, le technomancien catachan, qui remarque le premier l’oscillation de la lumière. Les luminoglobes semblent vaciller légèrement, signe d’une baisse du courant. Son escouade, celle du Caporal Gender Lucio le cadien et celle dirigée par le Caporal Shepherd, 301ème régiment pénal, sont déployées à proximité du hangar, près des générateurs de ce dernier. Il ne leur reste plus qu’à se faufiler à travers quelques centaines de mètres de coursives et autres galerie en territoire sous contrôle ennemi. Myler informe son sergent de l’incident, et il prend tout de suite la décision d’aller vérifier cet objectif essentiel. L’alarme sonne depuis maintenant 5 bonnes minutes, et l’ennemi n’a pas montré encore sa présence. Normal, le démon est malin, il a tendu une embuscade juste à l’entrée de l’enginarium secondaire. Le soldat Turner a juste le temps de remarquer une griffe qui dépasse d’un recoin et de donner l’alerte quand ils sont assaillis par le démon. Celui ci fonce sur l’escouade et commence à découper un garde en deux avec sa pince. Les soldats ripostent du mieux possible, mais les lasers semblent couler autour de sa peau sans la pénétrer. Un rire chargé de haine et de malice résonne dans le couloir entre deux détonations de tir. Un autre cadien est éviscéré. Son regard déjà flou se perds dans le vide alors qu’il essaye désespérément de garder ses entrailles dans son ventre. La situation est sauvé par le soldat Murfin, qui épaule son lance plasma pour caler un tir dans le visage du démon. Le plasma brûlant à si courte portée fait littéralement fondre la tête du démon qui disparaît dans un éclair rempli de lumières impossibles. Le fusil qui les a sauvé commence alors à faire entendre un sifflement de mauvais augure. Il part bientôt en fumée, alors que son servant a réussi à le lancer dans une pièce annexe et à la fermer, permettant à tous de survivre à cette défaillance. Le technomancien Vandrak, heureusement assisté par le technomancien Fission du 301ème, peut alors lancer les rituels de réactivation du générateur, permettant aux soldats du hangar d’en ouvrir la porte quand le moment sera venu, les sauvant de l’extermination. Ils peuvent alors prendre le chemin des capsules de survie quand les ordres sont donnés en ce sens. Avec tous les combats sur le chemin, seuls les catachans et les chemdogs y parviendront.

On peut dire que c’est Fabius qui a sauvé la mission, comme c’est souvent le cas. Il tire une grande fierté de la chaîne logistique qu’il assure pour que les soldats et la Garde toute entière puisse continuer à se battre. Sans lui et le corps de l’Adeptus Munitorum, les hommes de la Garde en seraient réduits à tirer avec des lance-pierres et à s’écharper à mains nues. Il les nourrit, les abreuve, leur fournit vêtements, armes, et munitions. La logistique, dans une galaxie aussi vaste, avec un Impérium toujours en danger, des chargements perdus régulièrement et des temps de transit aléatoires, est un vaste enfer. Lui, il aime les chiffres, et se complait dans les problèmes de chaînes d’approvisionnement. Fabius considère les marchandises du Munitorum apportées avec les bataillons pour cette mission comme ses bébés. Chacun des quatre grandes navettes sont remplies à ras bord de matériel utile sur un champ de bataille. Une partie en a été déchargée afin de nourrir les soldats durant le transit, mais la majeure partie est restée à bord. Il peste contre l’erreur de listing faite par le personnel de la Marine qui s’est occupé du chargement. Il vient de la remarquer, et ça veut dire tout reprendre à zéro, tout revoir, tout inventorier. Il prévoit d’avoir fini la semaine prochaine, avant d’arriver. Mais quelle horreur que ce travail bâclé. Il est entre deux rangées de caisses quand l’alarme sonne. Il ne s’en préoccupe pas, et pense à un énième exercice des militaires. Ce n’est que lorsqu’il entend un grognement en face de lui qu’il se relève. Le chien à deux têtes qui se tient devant lui ne montre clairement qu’une seule intention, celle de le dévorer. Fabius n’a aucune expérience de guerre, mais il a suivi la Garde dans beaucoup de campagnes et sait qu’il n’a aucune chance de s’en sortir. Son esprit hautement intelligent fait la corrélation des informations, l’alarme, le chien de l’enfer, les tirs qu’il entend maintenant à travers la coque… Il sait qu’il ne survivra pas, mais que ses bébés, eux, le peuvent peut être. Prévoyant, il avait créé un plan de navigation entre le Sword of Destiny et l’Ignus Fatuus. Il se retourne et pique un sprint jusqu’à la cabine de pilotage de l’énorme navette. Il essaye tant bien que mal d’envoyer le nouveau plan de vol aux quatre gros porteurs, et y arrive juste quand il atteint la porte de la cabine. Le bruit de griffes sur le métal derrière lui est une immense motivation. Il ouvre la porte du cockpit. Tout ce qu’il a à faire, c’est d’appuyer sur le bouton de lancement, au centre du panneau de commande. Il s’élance sur le tableau de bord, mais une douleur se referme sur sa jambe, une douleur infinie, la chaleur des feux de l’Enfer remonte le long de son corps. Il sent ses os broyés, ses tissus et ses vaisseaux s’arracher, le sang quitter son corps ainsi que sa vie. Il rampe, ses deux jambes arrachées trônant dans les gueules du chien. Son dernier geste est d’appuyer sur le bouton, faisant de lui un héros aux yeux de l’Empereur, avant de hurler quand le démon fini par lui accorder sa pleine et entière attention.

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