L’accident – Partie 3

Pour le groupe de chemdogs présents sur la frégate Sword of Destiny, la mission n’avait que peu d’importance au vu des années que chacuns d’eux doivent encore tirer. Ils cherchent à se détendre pendant le transit, mais restent à fleur de peau, parfois apathiques, parfois agressifs. Des incidents ont parsemés les deux derniers mois, que ce soit avec les cadiens, les catachans ou l’équipage de la frégate. L’escouade du sergent Troy Donockley est en train de dormir avant de faire son tour de garde de la nuit. Elle est réveillée par les alarmes, ces mêmes alarmes qui déclenchent un plein bolus de gaz à travers leurs masques. Ils toussent, inspirent à pleins poumons. Leurs regards deviennent vitreux et quand ils entendent la voix du lieutenant Harry Maybourne sur la radio, ils courent prendre leurs équipements pour se précipiter au point de rendez-vous indiqué par celui-ci. Ce sont les chemdogs qui, à leur point de rassemblement sur le pont 123A19, se confrontent les premiers aux engeances démoniaques sorties du Warp. Ray Lucien, qui avait survécu à l’invasion tyranide d’une ruche et à un combat avec un boss ork se fait attraper par quatre tentacules faites de chairs sanguinolentes qui le saisissent aux membres, le soulèvent et l’écartèlent. Le sang gicle sur les autres soldats, mais ceux-ci ne réagissent pas. Pas avant que l’ordre n’ait été donné d’ouvrir le feu. Les lasers taillent en pièces les tentacules sortant du mur, mais celles-ci ont largement eut le temps de lacérer trois autres chemdogs qui ont alors enfin fait pénitence de leurs péchés envers l’Empereur.

Carmen médite sur ses derniers clichés. Ce reportage est la chance de sa carrière. Elle se souviens l’entrevue avec un adepte de l’Adeptus Administratum haut placé sur Terra. Le conservatoire voulait un reportage sur les guerres de l’Impérium afin de motiver les citoyens à s’engager. Elle a capturé avec sa tablette et son appareil des photos de scènes de vie, des jeux entre soldats, des entrainements, des portraits de certains officiers. Le haut commissaire a accepté de poser pour elle et elle est fière de cette photo. On sent ressortir du travail de lumière l’autorité naturelle du personnage, ce charisme qui pousse les hommes à courir sous le feu plutôt que d’avoir à subir sa colère. Elle n’a pas encore vu les combats mais en a à la fois peur et se sent excitée à l’idée des photos qu’elle pourra prendre. Elle va immortaliser les plus beaux moments de la guerre. L’Impérium saura enfin le sacrifice et la force de la Garde Impériale. Et puis on lui a promis une escorte qui la protégera contre le danger. Elle interrompt son travail sur la photographie quand l’alarme retentit. Elle se fige, intriguée, ne sachant pas quoi faire au tout début. Puis elle panique, se met à ranger frénétiquement ses affaires pour essayer de tout emporter, puis en jette une partie pour s’alléger. L’alarme change de ton et de message. Elle sort de sa cabine, jette un coup d’œil dans le couloir seulement éclairée par la lumière rouge de l’alerte. Elle se met à courir dans un couloir en direction des capsules de survie, pour ce qu’elle s’en rappelle. Elle croit percevoir du mouvement du coup de l’œil, et semble entendre des tirs venir du lointain, mais elle ne veut pas s’arrêter. Elle finit par se cogner au soldat Gates dans sa course. Le cadien, un jeune et beau spécimen, commence tout juste à lui parler quand sa tête explose et qu’il s’écroule, une espèce de barbelure fichée à l’arrière de son crâne. Le sang l’asperge littéralement et elle doit se retenir de vomir. La forme qui semble surgir de l’ombre derrière le nouveau cadavre est cauchemardesque et elle intime à ses jambes l’ordre de courir le plus vite et le plus loin possible. Elle finit par retrouver son chemin sans plus jamais s’arrêter et à arriver sur une capsule de survie. Elle a croisé de multiples cadavres complètement mutilés tout le long de son chemin. Elle entre dans la capsule, s’attache et la lance, sauvant sa vie de cet enfer en devenir…

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