L’accident – Partie 5

Alors que les trois bataillons se regroupent au milieu du gigantesque hangar, le mur du fond se mit à se troubler. Au début, il semble que ce n’est rien, juste une illusion d’optique à longue distance. Le premier qui voit quelque chose est le soldat Turner. Il lève son arme et alerte immédiatement son sergent. Les cadiens sont prêts à riposter en deux minutes, montant une ligne de feu avec armes lourdes en utilisant les différentes caisses de fournitures à proximité. Les catachans et les chemdogs se positionnent afin de renforcer la ligne. Les dernières confirmations de préparation arrivent juste au moment où le premier démon sort sa tête du Warp, s’expulsant du mur corrompu par l’immaterium. Le sourire qu’il fait donne des frissons dans le dos à tous les hommes présents. Des dents de 20 centimètres de long ornent une bouche démesurée. Ses bras musculeux sont finis par deux gigantesques griffes d’os. Il toise les hommes de l’autre côté des barricades et rugit en brandissant ses faux. La riposte impériale est démesurée. Un déluge de lasers et de projectiles solides frappe le démon. Certains se dispersent autour de lui, d’autres disparaissent purement et simplement en arrivant à 2 mètres de lui. Mais la magie du Warp ne peut dévier tant d’énergie et de nombreux passent. Le démon est propulsé contre le mur d’où il est venu et semble se dissoudre membre par membre dans la lueur indescriptible derrière lui.

Les tirs cessent, les soldats rechargent fébrilement leurs cellules énergétiques vides. Un silence pesant se pose sur la scène. Personne ne parle, la volonté et la discipline combattent la peur. Le seigneur commissaire commence un discours. Il parle de l’Empereur, naturellement, mais aussi de la fraternité, de l’humanité, de ce qui attend ceux dont l’âme flanche, ici et de l’autre côté du voile. Il leur dit que leur plus grande épreuve les attend. Il raffermit le cœur des hommes et sauve ainsi quelques âmes. Son discours est interrompu quand une barbelure d’os lui fracasse le crâne, lancée par un bras dépassant du mur. Sa matière grise repeint le visage du commissaire Vaselov, situé derrière lui. Un moment de flottement suit ce tir solitaire, puis une véritable marée de démons se matérialise en face des lignes impériales et se mettent à courir vers les gardes. Des tirs de matières sanglantes et inconcevables crèvent les caisses et les hommes derrière, pénétrant à travers les armures comme dans du beurre. Les soldats ripostent, vidant leurs chargeurs d’une traite. La ligne démoniaque ne flanche pas, arrive au corps à corps. Les membres, le sang, les viscères commencent à voler. La garde tient bon malgré tout et s’engage dans un combat perdu d’avance, sous les cris des officiers et les hurlements de blessés et mourants. Les hommes savent qu’ils n’ont nulle part où fuir, et ils vendent chèrement leurs peaux. Quelques créatures commencent à disparaître pour retourner au grand Océan, ayant subis trop de coups pour continuer le combat. Mais les renforts du Grand Ennemi sont innombrables. Soudain, l’espoir revit. L’alarme d’évacuation allume une lueur dans les yeux de tous. Les officiers prennent instantanément la décision fatidique de qui mourra et de qui vivra. Les ordres sont donnés à certains de se replier alors que d’autres vont au front. Les navettes dans un coin du hangar sont sécurisées, et les escouades y montent une à une. Il ne sera possible de sauver qu’un quart du bataillon, mais ce sera toujours ça. Dès que les navettes sont chargées et scellées, le capitaine Richard du 8ème cadien, resté en arrière pour n’abandonner personne, ordonne au sniper du régiment de tirer sur le bouton d’ouverture des portes du hangar. Tous sont alors jetés dans le vide, aspirés en même temps que l’air. Les lumières du warp entrent dans l’espace clos et ceux qui ne sont pas morts sur le coup deviennent fous dans l’instant. Un des pilotes de Valkyrie a un bref accès de curiosité qui lui est fatal. Personne ne saura ce qu’il a vu, mais l’appareil se cabre, heurte une autre valkyrie et une vingtaine d’hommes périssent à nouveau. Le salut est proche, et les vaisseaux impériaux accostent sur l’Ignus Fatuus, vaisseau du capitaine Reynolds. Le libre marchand, le civil qui ne semblait qu’une épine dans le pied d’une opération militaire, va peut-être sauver cette dernière finalement.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

© 2018 Mortis, Gloria et Administratum